
Imaginez vivre dans une rue où vous pouvez prendre un café, accompagner votre enfant à l'école, faire l'épicerie et vous arrêter dans un parc, le tout en quelques minutes à pied. Pour beaucoup de gens en Amérique du Nord, ce n'est pas leur réalité. Même une simple course nécessite de prendre la voiture, ce qui va bien au-delà de la commodité : cela façonne la façon dont les gens se rapportent à leur quartier.
Les quartiers marchables sont des endroits où les destinations du quotidien sont suffisamment proches pour que la marche devienne naturellement partie intégrante des routines quotidiennes. Des outils comme l'Indice de potentiel de vie active de Curbcut permettent de mesurer quels quartiers sont conçus et construits de manière à favoriser l'activité physique et l'accessibilité au quotidien.
L'avantage le plus évident des quartiers marchables est qu'ils favorisent naturellement l'activité physique au quotidien. Lorsque les destinations sont à proximité, la marche s'intègre dans la routine journalière. On peut marcher jusqu'à l'arrêt de bus, à une boutique du coin ou chez un ami. Cela ne ressemble pas à une séance d'entraînement ; ça fait simplement partie de la journée.
Ce type de mouvement régulier, intégré dans le quotidien, a des bénéfices bien documentés pour la santé. La marche contribue à réduire le risque de maladies cardiaques, de diabète et d'hypertension, tout en favorisant un poids santé et le maintien de la mobilité. Parce qu'elle s'inscrit dans la vie quotidienne, elle est souvent plus facile à maintenir que des routines d'exercice structurées.
C'est particulièrement vrai pour les enfants et les personnes âgées. Un enfant qui marche jusqu'à l'école ou jusqu'à un parc voisin développe son autonomie et de saines habitudes de vie. Une personne âgée qui peut se rendre à pied à la pharmacie ou dans un café sans dépendre de quelqu'un d'autre préserve son indépendance et son appartenance à la communauté.
Tout aussi important que le soutien à la santé physique, la marche est également bénéfique pour le bien-être mental. Même de courtes promenades peuvent aider à réduire le stress, améliorer l'humeur et offrir une pause face aux pressions du quotidien. Plutôt que d'être coincé dans la circulation ou de chercher un stationnement, la marche encourage les gens à passer du temps à l'extérieur et à s'engager avec leur environnement.
Il y a aussi une dimension sociale qu'il est facile de négliger. Lorsque les gens marchent, ils croisent plus souvent leurs voisins, les commerces locaux et les espaces publics. De petites interactions, saluer quelqu'un sur le trottoir, discuter dans un café ou reconnaître des visages familiers dans un parc, peuvent progressivement renforcer la familiarité et la confiance. Ces rencontres du quotidien peuvent sembler anodines, mais des études montrent de manière constante que des liens sociaux plus forts sont associés à une meilleure santé et à des communautés plus résilientes.
La marchabilité est façonnée par de nombreux éléments de l'environnement bâti. Elle peut être évaluée en examinant la continuité des trottoirs, la sécurité des traversées, la proximité des commerces et des services, l'ombrage des rues et l'accessibilité des parcs. L'Indice de potentiel de vie active de Curbcut aide à mesurer et à visualiser ces réalités. L'indice évalue dans quelle mesure l'environnement d'un quartier favorise l'activité physique au quotidien, en tenant compte de facteurs tels que la connectivité des rues, la densité des bâtiments et l'accès aux destinations dans un rayon de quinze minutes à pied.
Dans la région de Montréal, 76,7 % des ménages vivent dans des zones évaluées comme ayant un potentiel élevé ou très élevé de vie active. Sur l'île de Montréal, ce chiffre dépasse 90 %. Des arrondissements comme Le Plateau–Mont-Royal figurent parmi ceux ayant le potentiel de vie active le plus élevé.
Lorsque ces données sont comparées aux habitudes de déplacement, une relation claire se dessine : les quartiers affichant un potentiel de vie active plus élevé tendent à compter davantage de personnes se rendant au travail à pied ou à vélo, et moins de navetteurs en voiture. Ils ont aussi tendance à offrir un meilleur accès aux destinations courantes comme les épiceries, les services de garde, les écoles et les équipements culturels.
En d'autres termes, la marchabilité est étroitement liée à l'accessibilité. Il ne s'agit pas seulement de savoir si vous pouvez marcher quelque part, mais de déterminer si les endroits dont vous avez besoin, comme l'épicerie, sont à portée.
À bien des égards, les quartiers marchables constituent un investissement en santé publique. Ils favorisent l'activité physique au quotidien, réduisent le stress et créent des occasions d'interactions sociales. Ils peuvent aussi améliorer la qualité de l'air, réduire la circulation et rendre les quartiers plus accessibles pour des personnes de tout âge et de toutes capacités.
Les bénéfices sont souvent discrets, mais puissants : des enfants qui rentrent de l'école à pied, des voisins qui se saluent dans la rue, des personnes âgées qui maintiennent leur autonomie en atteignant leurs destinations quotidiennes à pied.
Concevoir des quartiers où il est sécuritaire et agréable de marcher n'est pas seulement une question de transport ; c'est aussi une question de santé publique. Il s'agit de créer des endroits où les gens peuvent se déplacer, être à l'extérieur, tisser des liens avec leur communauté locale et être autonomes, qu'ils aient huit ans ou quatre-vingts ans.